La Suisse manque d’informaticiens, et encore plus d’informaticiennes. Pour reméd
La Suisse manque d’informaticiens, et encore plus d’informaticiennes. Pour remédier à cette pénurie, il faudrait susciter davantage de vocations dans les gymnases. Vincent Murith-a
19/07/2012

Urgent: cherche informaticiens

formation • Les hautes écoles suisses ne forment pas assez d’étudiants pour combler le déficit annoncé de professionnels de l’informatique. L’Université de Fribourg réagit.

Ils – et elle, car il y a une fille – sont une trentaine, et la Suisse compte sur eux. Agés de 16 à 19 ans et venus des quatre coins du pays, ce sont les participants au cinquième CyberCamp mis sur pied, du 16 au 19 juillet, par le Département d’informatique de l’Université de Fribourg. Et à plus long terme, les organisateurs l’espèrent, ils deviendront les informaticiens dont l’économie helvétique aura cruellement besoin d’ici quelques années.

Selon une projection assez alarmante de l’association ICT-Formation professionnelle Suisse, environ 25000 postes d’informaticiens vont se retrouver vacants en Suisse ces cinq prochaines années. «C’est près du double du nombre de diplômés que nous pourrons former, dans le même temps, au sein de nos universités», avertit Jean Hennebert, professeur au Département d’informatique fribourgeois et membre de l’équipe du CyberCamp.

 

Manque d’étudiants

Pour ne rien arranger, voilà quelques années déjà que les universités helvétiques peinent à attirer de nouveaux étudiants en informatique. Fribourg ne fait pas exception à la règle, qui concerne toute la Suisse mais aussi l’Europe du Nord, en particulier l’Allemagne. «Le nombre d’étudiants stagne à un niveau plutôt bas», déplore Jean Hennebert. Pourtant, plusieurs actions ciblant les jeunes ont été lancées ces dernières années afin de relancer leur intérêt pour les études d’informatique.

Le CyberCamp, dont l’édition 2012 a accordé une large place à la robotique et au «cloud-computing», fait partie de ces initiatives, qui ont souvent pour point commun d’être soutenues financièrement par la Fondation Hasler. Basée à Berne, celle-ci a pour objectif d’encourager la formation, la recherche et l’innovation dans le domaine des technologies de l’information et de la communication. Elle est également à l’origine du programme «FIT – Fit for IT» (ndlr: l’acronyme ITdésigne les technologies de l’information), visant à faire de l’informatique une véritable branche d’enseignement dans les gymnases (lire ci-après).

 

Engagés avant le master

C’est précisément aux gymnasiens sur le point de rejoindre les bancs de l’université que s’adresse le CyberCamp fribourgeois. «Il y a deux types de participants», explique Jean Hennebert. «Ceux qui viennent en sachant déjà qu’ils deviendront informaticiens. Et les autres, qui hésitent encore. Parmi ces derniers, nous parvenons toujours à en convaincre quelques-uns de s’inscrire dans une haute école.»

Cette année pourtant, le nombre d’étudiants du CyberCamp est en légère baisse par rapport aux éditions précédentes. Comment expliquer ce relatif désamour pour l’informatique, une branche pourtant omniprésente dans la vie quotidienne? Et offrant, qui plus est, une quasi-garantie de trouver un emploi à l’issue de ses études? Jean Hennebert – qui précise qu’une grande partie de ses étudiants ont été embauchés avant même d’avoir achevé leurs travaux de master ou de bachelor – invoque notamment le problème d’image dont souffre la branche.

 

Clichés à combattre

«Souvent, les étudiants se disent rebutés par les aspects mathématiques de la discipline. Il y a aussi la réputation de «geek» qui colle aux informaticiens», constate le professeur. Des clichés que le CyberCamp tente de combattre. «Un informaticien doit multiplier les contacts avec les autres collaborateurs de son entreprise, apprendre leur métier. Les choses ont beaucoup changé.» Jean Hennebert insiste aussi sur le côté ludique et «fun» de la discipline, un aspect qu’il s’efforce de communiquer aux gymnasiens.

Pour l’économie suisse, l’enjeu est important. Aujourd’hui déjà, nombre d’entreprises engagent des informaticiens formés à l’étranger – notamment en Europe de l’Est et du Sud – pour combler le manque de professionnels «indigènes». Et de plus en plus de tâches (telles le développement de sites web) sont externalisées vers l’Inde, grande pourvoyeuse d’informaticiens. I

 

 

 

L’informatique est une science à part entière

La solution à la pénurie d’informaticiens pourrait passer par une meilleure sensibilisation des gymnasiens à cette discipline parfois méconnue. En 2008, la Fondation Hasler a ainsi injecté 20 millions de francs sur dix ans dans son programme FIT - Fit for IT. De nombreuses manifestations et ateliers pratiques ont eu lieu dans des gymnases de toute la Suisse, et un module de formation continue destiné aux enseignants a été mis sur pied, entre autres.

La première phase de l’opération est à présent achevée et c’est un succès, estime la doctoresse Beate Kuhnt, responsable du projet. «Aujourd’hui, 90% des gymnases de Suisse offrent aux étudiants la possibilité de choisir l’informatique en tant que branche complémentaire», se réjouit-elle. La prochaine étape, pour la Fondation Hasler, consiste maintenant à obtenir que l’informatique soit enseignée en tant que branche principale. «Nous allons opérer une seconde offensive dès le début de l’année prochaine», promet Beate Kuhnt.

Selon elle, il est primordial de permettre aux jeunes de saisir les fondamentaux de cette science à part entière. Utiliser un ordinateur, surfer sur internet, gérer son compte facebook et se débrouiller comme un chef avec une foule de gadgets à écrans tactiles, ce n’est pas encore maîtriser l’informatique, explique en substance la doctoresse Kuhnt. Le fait d’être confrontés à cette discipline exigeante dans un cadre scolaire devrait contribuer à aiguiser l’intérêt des gymnasiens, et susciter les vocations qui manquent pour combler les volées de futurs informaticiens étudiant dans les hautes écoles helvétiques.

marc-roland zoellig

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